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Lettre de Scolopax n°29

Chronique n°28

Guerre d'influence de l'éolien

Partie 3 : Vous avez dit souveraineté

Scolopax, APPEL Coeur du Jura

Lettre de Scolopax n°29

Chers amis
Puisque nos adversaires de la filière éolienne  prétendent  contribuer à la souveraineté  nationale, voyons donc ce qu’il en est réellement . Et pour cela, qu’y a t il de mieux que que consulter le site  « France Renouvelables » qui  regroupe tout le gratin de la filière éolienne ? 
Vous remarquerez d’abord  que ce site, initialement dénommé  « France Energie Eolienne » lors de sa création en 1996,   a curieusement   changé de nom à partir de  2023 . Comme si le terme « éolien » était soudain devenu gênant...et celui de « renouvelable » plus consensuel . Voyons à présent ce que cette filière éolienne nous dit d’elle même !  
France Renouvelables donc commence par déclarer sans rire qu’elle s’appuie sur les scénarii des deux organismes d’Etat que sont  RTE (1)  et de l’ADEME (2) . Or,  j’ai révélé dans mon précédent courrier, la grande porosité entre ces deux organismes d’Etat  et la filière éolienne. Avec de multiples échanges  d’agents qui  posent la question de savoir : en fait , qui obéit à qui ? 
Par ailleurs, France Renouvelables, en bon lobbyiste, ne manque pas de gonfler ses plumes en revendiquant plus de 370 entreprises adhérentes  et 33 000 emplois pour l’éolien . Chiffre  dont on a peine à mesurer le bien fondé tant son inventaire tient du mariage de la carpe et du lapin avec quelques entreprises industrielles  et la kyrielle habituelle des  cabinets d’avocats ou de notaires, des bureaux d’études ou organismes bancaires (BPI,CDC, Crédit Agricole, Société Générale ...) (3) dont on a peine à distinguer les effectifs réellement affectés à l’éolien .
Enfin , France Renouvelables déclare sans rire  contribuer à l’indépendance énergétique de la France. La  composition du Conseil d’administration donne une toute autre lecture de la situation . Fort de 23 membres, y apparaît  en force la  présence écrasante des grands  leaders  mondiaux , hors Chine, de la construction d’éoliennes , avec notamment :
Vestas ( Danemark) n°1 mondial 
Siemens ( Allemagne) n°2 mondial, 
General Electric (USA) n° 4 mondial
Enercon ( Allemagne) n°6 mondial 
Nordex (Allemagne)  n°8 mondial, (4) 
RWE (Allemagne) . Deuxième producteur d’énergie en Allemagne
Suivis, excusez du peu ,  de Boralex (Canada), Enertrag et WPD onshore ( Allemagne), EPP Renewable ( Portugal), toutes  « majors » d’origine étrangère. 
La France,  qui n’a pas de constructeurs éoliens, n’y est représentée que par une seule entreprise d’envergure , ENGIE qui détient entre autres  la Compagnie nationale du Rhône, ce qui lui permet d’avoir  40% de son activité... dans l’hydro électricité
Bref , l’analyse du site fait apparaître ce syndicat professionnel pour ce qu’il est ; un instrument de lobbying très majoritairement au service d’entreprises étrangères pour lesquelles l’intérêt national est bien loin d’être une priorité. La France , avec ses taux de rémunération mirifiques ( 2 à 3 fois le tarif de base EDF) sur des périodes garanties de 15 à 25 années  (cf Poligny) apparaît  pour ce qu’elle est : un terrain de chasse idéal pour ces entreprises avant tout soucieuses de satisfaire leur première raison d’être, maximiser leurs profits. Sans même contribuer à la réelle réduction du CO² comme je le révélais dans Scolopax n° 
Quant aux méthodes de la filière, Médiapart (5) en donne une illustration récente dans l’article consacré à  IBERDROLA, géant espagnol de l’éolien, avec la revente de ses activités d’éolien terrestre en France : «  Le groupe espagnol, qui a engrangé un bénéfice mondial de 6,2 milliards d’euros en 2025 et qui profite d’un soutien public en France de plus de 300 millions d’euros par an, n’en a pas moins décidé de procéder à vingt-cinq licenciements sur les cent huit salarié·es qu’il compte en France.... Visiblement, la direction d’Iberdrola France ne dispose d’aucun pouvoir. Tout vient de Madrid, et tout redescend de Madrid. C’est en tout cas le leitmotiv que le cabinet Physiofirm a entendu au cours de ces entretiens. » Et un salarié de conclure : « Iberdrola France, c’est juste un comptoir colonial de l’Espagne. »
Leurs méthodes  transparaissent également dans la fiche que Wikipedia consacre à ENGIE  (6)  .On peut à bon droit s’interroger sur l’ampleur des sommes concernées  avec 2,9 millions d’euros pour la France et 4,8 millions d’euros pour l’Union Européenne pour des dépenses  dites  « de lobbying » . Quelles sont précisément les actions menées  pour obtenir, par l’influence,  la plus forte part du gâteau offert très généreusement par notre pays ?  
Si votre curiosité vous poussait à mieux connaître  les acteurs de ce milieu dont nous combattons les agissements, je vous invite à taper « Énergies renouvelables » puis « Qui sommes nous ? » puis « Conseil d’administration » et  à en visionner le « trombinoscope » :  À l'évidence, pas de place ici  pour les « bisounours » ...et pas de quoi être rassurés non plus !  
Dans mon prochain courrier, vous serez encore plus surpris d’apprendre, selon une certaine logique,  qu’à ces « ennemis de l’extérieur » s’ajoutent, pour notre malheur,  des « ennemis de l’intérieur ». A bientôt pour en savoir plus !
                                   Scolopax
(1) R.T.E pour Réseau de Transport d’Electricité
(2) A.D.E.M.E pour  Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie 
(3)  Et même le Lycée St François Xavier de la Roche sur Yon   comme si tout leur personnel était affecté à l’éolien ! 
(4) Fondé au Danemark, installé en Allemagne et détenu par le groupe espagnol Accionna !
(5) Article Mediapart de Laurent Mauduit le 21 juillet 2026 
(6)  La fiche Wikipedia d’ENGIE précise par exemple : 
« Pour l'année 2024, Engie et Engie Energie Services déclarent à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant global qui n'excède pas respectivement 2,5 millions euros[ et 400 000 euros.
« Engie est inscrit depuis 2011 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2015 pour cette activité 13 salariés à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 2 250 000 et 2 500 000 € Sur le même exercice, Engie a reçu 113 millions d'euros de subventions des institutions de l'Union européenne et figure en troisième position des groupes du CAC 40 en dépenses de lobbying, au cours de l'année 2015

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