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Lettre de Scolopax n°28

Chronique n°28

Guerre d'influence de l'éolien

Partie 2 : La France à la dérive

Scolopax, APPEL Coeur du Jura

Lettre de Scolopax n°28

Bonjour,

Après la description, dans ma dernière lettre, d’une Allemagne à la manoeuvre, avec notamment l’OFATE (1), organisme de droit allemand hébergé au ministère de l’écologie, venons en à l’attitude d’une France visiblement à la dérive.

 

Impossible par exemple de connaître les critères retenus de la supposée décarbonation de l’éolien dont l’ADEME, bras armé du Ministère de l’Environnement, garde soigneusement le secret malgré une plainte, restée sans suite depuis plus d’un an, pour en obtenir la publication ! Alors que, dans le même temps, elle finance des collectifs pro éoliens comme Négawatt, Quota climat et le déjà (re)nommé Réseau action climat. Rien d’étonnant donc à ce que Jean Louis Bal, ancien président du Syndicat des énergies renouvelables (2) en ait été l’un des directeurs ; ni que Michel Goria, ancien délégué de France Energie Eolienne (2) en ait été un collaborateur ! Mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

 

Forcé de s’allier aux Verts pour obtenir une majorité, c’est Lionel Jospin qui allait enclencher de 1997 à 2002 la marche de notre pays vers la soumission. C’est en effet à cette époque qu’a été défini l’accord ruineux aboutissant à accorder à l’éolien des tarifs au minimum doubles du prix de base EDF et cela sur des durées de 10 à 20 ans, faisant exploser le prix de l’électricité qui allait doubler en dix ans et accordant une vraie rente de situation à des acteurs privés au détriment du secteur public. Le ver(t) était dans le fruit !

 

Puis, c’est sous François Hollande , de 2012 à 2017, que l’entrisme allemand allait atteindre sa pleine mesure avec l’action de deux personnages : Xavier Piechaczyk, ingénieur des Ponts et Chaussées, devenu aujourd’hui patron de la RATP. Comme conseiller du Premier ministre en 2012 et du président de la République en 2015, il a notamment mis en oeuvre la loi du 15 avril 2013 qui fait un tapis rouge à l’implantation d’éoliennes.

Et François Brottes, député socialiste qui fut rapporteur de la loi de 2013 (3) et créateur de l’OFATE , avant de démissionner, non sans susciter quelques remous (4) , de son mandat pour devenir en 2015 président de RTE ( Réseau de Transport d’Electricité) , puis conseiller maître à la Cour des Comptes où il allait orienter les travaux de la Cour en faveur de l’éolien . En compagnie notamment de Jean Paul Albertini, ancien directeur de cabinet du ministre de l’environnement en 2001, qui est ainsi amené à juger lui même le financement de la politique énergétique dont il a été l’un des acteurs ! Mais au delà de ces deux personnages influents, c’est tout l’édifice administratif qui apparaît aujourd’hui infiltré.

Depuis RTE, organisme public responsable du réseau haute et très haute tension (5) qui, après le passage de François Brottes , puis de Xavier Piechaczyk, voit l’arrivée de deux dirigeant(e)s de France Energie Eolienne respectivement comme directrice de cabinet adjointe et directeur adjoint de la stratégie et du développement. Nulle surprise à ce que cet organisme produise des travaux quelque peu orientés...

Même scénario avec la CRE (Commission de Régulation de l’Energie), service public responsable du bon fonctionnement des marchés de l’électricité, dont la présidente, Emmanuelle Wargon, nommée en 2022, a été Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition Ecologique . Elle interviendra lors d’un colloque organisé par France Renouvelables en 2024 pour déclarer que « l’éolien terrestre, l’éolien en mer sont sans aucun doute indispensables à la décarbonation de la France et à notre souveraineté énergétique. »

Faut il encore charger la barque avec le cas très particulier de Benoît Faraco , initialement porte parole de Réseau action climat , propulsé conseiller du Premier ministre dès 2012, puis d’Emmanuel Macron en 2025 pour constater que l’infiltration atteint le sommet de l’Etat ?

Non, j’en resterai à l’argument de la souveraineté. Ah ! Souveraineté quand tu nous tiens ! Puisque c’est un argument de nos adversaire, j’y reviendrai dans mon prochain courrier.

 

Scolopax

 

(1) L’OFATE pour Office Franco-allemand pour la Transition Energétique

(2) dont je vous reparlerai dans mon prochain courrier

(3) Il interviendra notamment lors du colloque du 18 octobre 2012 de France Energie Eolienne pour lui confirmer son soutien.

(4) Soit deux jours après la promulgation de la loi

(5) C’est RTE qui raccorde les réseaux éoliens au réseau électrique , est actionnaire du réseau européen et à ce titre définit les scénarii de l’avenir énergétique de la France. Son pouvoir sur la politique nationale est donc énorme.

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